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Exposition Brigitte Bardot, Espace Landovski, Boulogne-Billancourt. Photos : Douglas Kirkland, collection Bob Zagury.

Pourquoi ne pas célébrer l'arrivée de l'automne avec l'exposition « Brigitte Bardot : les années insouciance » présentée à l'Espace Landowski de Boulogne-Billancourt (www.boulognebillancourt.com) à partir du 29 septembre au 31 janvier, au musée des Années 30. L'actrice emblématique, qui a tourné plusieurs films à Boulogne-Billancourt, a marqué les arts et plus largement la société des années 50-60. Années d'insouciance, années de « libération » de la femme. Il aura fallu attendre la création de la femme pour que l'histoire commence enfin. Le 18 novembre 1956, sort - d'abord discrètement - un film culte, témoin d'une jeunesse qui s'affranchit des codes rigides de la France austère et conservatrice de René Coty. Et Dieu créa la femme de Roger Vadim fait scandale avec à l'affiche Brigitte Bardot, encore inconnue, qui crève l'écran. Le mythe vient de naître. Durant les deux décennies de croissance économique, d'insouciance et de légèreté qui suivront, Brigitte Bardot marquera la société de son empreinte de femme libre. Elle inspirera tous les arts, du cinéma à la photographie, la peinture, la musique, la haute couture, allant jusqu'à incarner la République en offrant ses traits au buste de Marianne.

C'est au Centre Pompidou (www.cnac-gp.com), qu'est annoncée l'exposition « La subversion des images. Surréalisme, photographie, film », consacrée à la photographie surréaliste, avec des images, entre autres de Man Ray, Hans Bellmer, Claude Cahun ou Raoul Ubac, au côté d'images inédites, révélatrices des nombreux usages surréalistes de la photographie : publications dans les revues ou les livres d'artistes, publicités, collections d'images, fascination pour le document brut, photomatons, photographies de groupe. Avec aussi des corpus méconnus de collages d'artistes renommés tels Paul Eluard, André Breton ou Antonin. Plus de vingt ans après « Explosante fixe », l'exposition de Rosalind Krauss et Jane Livingstone, « La Subversion des images » veut questionner les utilisations de la photographie et de l'image animée par les surréalistes et présenter au public une culture photographique du surréalisme. Chacune des neuf salles de l'exposition proposera, autour de concepts-clés, de croiser les travaux des artistes avec les différentes applications qui en ont été faites. L'exposition proposera également une série de films et de courts-métrages réalisés par des artistes surréaliste comme Luís Buñuel, Man Ray ou Germaine Dulac.

D'autre part, à partir du 14 octobre, le Centre Pompidou, toujours, célèbre, par une grande rétrospective, l'œuvre de Pierre Soulages reconnu comme l'une des figures majeures de l'abstraction. Retraçant plus de 60 ans de peinture, l'exposition rassemble plus d'une centaine d'œuvres majeures créées de 1946 à aujourd'hui, des brous de noix des années 1947- 1949 aux peintures des dernières années (la plupart inédites) qui manifestent le dynamisme et la diversité d'un travail toujours en devenir. La première partie de l'exposition met l'accent sur un ensemble important des premières peintures sur papier et des goudrons sur verre, ainsi qu'un choix de peintures parmi les plus représentatives des années 1950 à 1970 celles, depuis 1979, que Pierre Soulages aborde qualifiera d'« Outrenoir ». Dans la dernière partie du parcours, de grands polyptyques récents seront installés en suspension dans l'espace.

Le Musée d'art moderne de la ville de Paris (www.mam.paris.fr) va commencer par la peinture, à partir du 1er octobre. Des peintures et des dessins récents d'Albert Oelhen, né en 1954, l'un des peintres allemands les plus significatifs de sa génération qui présentera sa « propre histoire de l'abstraction. Dans l'esprit Punk, il revendique d'abord une « mauvaise peinture » réalisée, en apparence, sans la moindre technique. Dans ses premières toiles abstraites conçues à la fin des années 1980, compositions et formes semblent toujours répondre à des logiques contradictoires et déstabilisent toute interprétation. Pendant que Apichatpong Weerasethakul, né en 1970, artiste et cinéaste thaïlandais, proposera huit films courts tournés par l'artiste à Nabua. Village du nord-est de la Thaïlande, il fut occupé par l'armée thaïe entre 1960 et 1980 pour contrôler les insurgés communistes. L'installation sera associée à des photographies réalisées durant le séjour de l'artiste à Nabua ainsi qu'à une œuvre inédite intitulée Phantoms of Nabua. Enfin, à partir du 16 octobre, une exposition particulière, « Dead Line », consacrée à l'oeuvre tardive de douze artistes internationaux. Chacun d'eux, conscient de la mort imminente, a intégré dans son travail l'urgence de l'oeuvre à achever et le dépassement de soi. Voici la liste des artistes : Absalon, Gilles Aillaud, James Lee Byars, Chen Zhen, Willem de Kooning, Felix Gonzalez-Torres, Hans Hartung, Jörg Immendorff, Martin Kippenberger, Robert Mapplethorpe, Joan Mitchell, Hannah Villiger.

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Vues générales de l’exposition « Spy Numbers » : Palais de Tokyo.

Jusqu'au 20 septembre, le Palais de Tokyo (www.palaisdetokyo.com) programmait « Spy Numbers » exposition collective autour de l'exploration du spectre électromagnétique et de ses marges. Des sujets aussi variés que l'encodage mathématique, la production d'aurores boréales, l'archivage de lentilles de contact, les capteurs sismiques, la disparition des pendus et les sommets de montagne. Le 16 octobre, commencera l'exposition « Chasing Napoleon ». S'appuyant sur les réflexions d'artistes, scientifiques et autres activistes, cette session révèle des systèmes de pensées et des utopies visant à déplacer le centre de gravité de notre réalité. Comme Theodore Kaczynski - qui ne répond pas encore au surnom de « Unabomber » - et qui s'isole, en 1977 dans une petite cabane du Montana où il esquisse les premières ébauches de son manifeste anticapitaliste et travaille à la conception de colis piégés. Ou bien comme Paul vit confiné dans les quinze mètres carrés de son atelier (le Boston Visionary Cell à Boston) où il peint The Renovatio Mundi, une vision du monde empreinte de références aux fondements de la science-fiction.

Le musée du quai Branly (http://www.quaibranly.fr) aura commencé la rentrée, le 22 septembre, avec « Photoquai », biennale consacrée à la photographie non occidentale. La direction artistique de cette deuxième biennale a été confiée à Anahita Ghabaian Etehadieh, galeriste iranienne et fondatrice de la Silk Road Gallery, dédiée spécifiquement à la photographie. « Photoquai » présentera les œuvres de 50 photographes contemporains du monde entier et provenant des grandes zones géographiques représentées au sein des collections du musée du quai Branly : Amérique du Sud et Amérique Latine, Amérique du Nord, Asie, Océanie, Afrique, Proche et Moyen-Orient. Notons aussi, à la même date, l'exposition « 165 ans de photographie iranienne » proposant un panorama de la photographie iranienne de la fin du 19e siècle, avec les portraits de l'époque Qajar et les studios de photo apparus en Iran à l'époque de Reza Shah Pahlavi, jusqu'aux productions les plus contemporaines de photographes iraniens majeurs.

Dans le cadre du Festival d'Automne à Paris, à partir du 17 octobre, le musée du Louvre (www.louvre.fr) invite l'artiste contemporain Ugo Rondinone à présenter une installation dans le jardin des Tuileries. Douze sculptures monumentales, en bronze patiné argenté, représentant les douze mois de l'année, sont installées autour d'un bassin. « Sunrise East » est composé d'un ensemble de figures énigmatiques monumentales représentant chacune un mois de l'année dans une évocation du cycle des saisons. On devine la présence de l'artiste sous les traits d'un clown désenchanté. Avec comme sources les masques de civilisations extra-occidentales ou les déguisements festifs pour le carnaval. D'autre part, à partir du 20 octobre, dans le cadre de l'iniative intitulée « Ni apparence ni allusion », le public découvrira des phrases écrites en français, en néons blancs, suspendues aux remparts médiévaux du musée. Elles sont dues à Joseph Kosuth, pionnier de l'art conceptuel, qui travaille depuis le début des années 70 sur les relations entre les mots et les choses, entre le langage et la représentation. Il écrit depuis plusieurs années des phrases en néon, et réalise de monumentales installations de textes, critiques, philosophiques ou littéraires, sur les monuments anciens.

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Henri Matisse, Grand nu assis, bronze, 1922-1929
et Nu bleu IV, 1952, papiers gouachés, découpés, collés sur canson blanc.
Auguste Rodin, Torse féminin assis dit torse B, bronze, 1958
et Femme nue, aux longs cheveux, renversée en arrière, vers 1900.
Exposition Matisse-Rodin au musée Rodin, Paris.

Au musée Rodin (www.musee-rodin.fr), l'exposition « Matisse & Rodin » va proposer une réflexion sur ce que Matisse a pu déceler en Rodin, sur ce que ses œuvres peuvent nous dire des affinités, correspondances ou différences avec celles du sculpteur. Organisée par le musée Matisse de Nice et le musée Rodin de Paris, cette exposition confronte, pour la première fois, la presque totalité de l'œuvre sculpté de Matisse et un certain nombre de ses dessins avec un choix d'œuvres de Rodin. Quelques peintures de Matisse viendrontt jalonner le parcours proposé, cette exposition ayant pour dessein de rappeler le rôle que conférait Matisse à la sculpture et au dessin. De même qu'elle veut insister sur ce mode d'expression autonome et parallèle que fut le dessin pour Rodin. Ce sera à partir du 23 octobre.

Autre curiosité attendue, à partir du 20 octobre, au musée d'Orsay (www.musee-orsay.fr) : « Art Nouveau Revival », sous-titré « Du design organique à l'affiche psychédélique. 1900 - 1933 - 1966 - 1974 ». L'Art Nouveau fait l'objet au cours des années 1960 d'une réhabilitation touchant aussi bien l'histoire et le marché de l'art que la création contemporaine (design et graphisme). Les origines de ce renouveau sont multiples : hommages des surréalistes dans les années 1930, concours Organic Design in Home Furnishings organisé par le MoMA en 1940 ou grandes expositions montées à New York (Art Nouveau. Art and design at the Turn of the Century, MoMA, 1959) et Paris (Les sources du 20e siècle, Musée national d'art moderne, 1960). Il s'agit de confronter les créations Art Nouveau et les créations des années 1950-1970 afin de mettre en avant les influences qui s'expriment dans des domaines aussi variés, et parfois inattendus, que l'ameublement, la mode, la publicité, le cinéma ou encore l'esthétique psychédélique.

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Exposition Fellini, Jeu de Paume : Marcello Mastroianni et Anita Ekberg dans « La Dolce Vita » et « Intervista ».

L'automne à Paris sera aussi fellinien avec, à partir du 20 octobre, l'exposition « Tutto Fellini : Fellini, la Grande Parade » au Jeu de Paume (www.jeudepaume.org) : une rétrospective intégrale de ses films à la Cinémathèque française et des rencontres à l'Istituto Italiano di Cultura de Paris. En rassemblant une iconographie dispersée, en retrouvant la trace de la plupart des photographes qui ont travaillé sur les films, en explorant les archives des collaborateurs de Fellini, Sam Stourdzé a constitué un corpus composé d'un grand nombre de photographies, de dessins et de films jusqu'alors inédits, formant ainsi la matière de l'exposition qui se concentre exclusivement sur les images qui inspirèrent Fellini, celles dont il rêva, celles qu'il fabriqua. Un dialogue entre photographie et film, entre images fixes et images animées. « Fellini, la Grande Parade » a été voulu comme une sorte de laboratoire visuel. S'éloignant parfois de la filmographie de Fellini, elle interroge plus largement le 20e siècle qui fut le sien : le siècle du cinéma bien sûr, mais aussi celui de la presse, des médias, de la télévision, de la publicité. En un mot, le siècle de l'image, ou plus précisément, le siècle de la fabrique des images.Tenter une exposition Fellini, c'est revenir aux sources de la création fellinienne, en étudiant et en donnant à voir les processus de transformation, de modification, d'emprunt ou d'empilement de strates où s'entremêlent des éléments filmiques, des documents photographiques, la mise en page de l'événement dans les magazines, des images télévisuelles ou des œuvres d'artistes... L'exposition s'affirme sur le terrain de la pluridisciplinarité dont la tentative réside dans l'élaboration d'une grille de lecture renouvelée du cinéma de Fellini. L'exposition du Jeu de Paume entend lever le voile sur une partie des mécanismes de la création fellinienne en rendant compte du processus d'absorption du réel par le metteur en scène. Elle se composera de photographies, de dessins de Fellini, d'affiches originales de films, de magazines d'époque et d'extraits de films.

Cet automne, à partir du 25 octobre, La maison rouge (www.lamaisonrouge.org) présente « Soulèvements », exposition consacrée à Jean-Jacques Lebel qui, depuis 1955 expose, écrit, filme, édite, coordonne, s'engage dans des processus collectifs. Artiste, organisateur de manifestations, d'expositions ou de festivals, poète, théoricien, activiste politique, toutes les formes de sa trajectoire « d'agitateur inspiré » constituent des éléments inséparables de son travail de plasticien. Le parcours est organisé selon des thèmes qui correspondent aux obsessions de Jean-Jacques Lebel : happenings, insoumission, poésie, hallucination, Eros, Dada, la Guerre ou le rhizome... 300 œuvres seront présentées : installations de Jean-Jacques Lebel, œuvres d'art premiers ou d'artistes anonymes mais aussi, celles d'amis tels Erró, Konrad Klapheck, Peter Saul, Camilla Adami, ou Orlan, pour ne citer que ceux-ci.

 

Dossier préparé par Jean-Pierre Frimbois.