Page d’accueil : Jean-Michel Basquiat, « Do Not Revenge »,1982, acrylique (détail).
Annette Messager, « Gants-tête »,1999, gants et crayons de couleur.
> Jean-Michel Alberola, « Rien », 1995, néon et plexiglas.
> Christian Boltanski, « Théâtre d’ombres », 2009, cuivre laminé et lampe.
Le musée Maillol - avec sa nouvelle directrice artistique, Patrizia Nitti - a pris le parti, avec cette première exposition « C'est la vie ! », de séduire le public en mélangeant art antique, classique, moderne et contemporain. Cette leçon de ténèbre est arrivée à point nommé après « Deadline » au musée d'Art moderne de la ville de Paris et Christian Boltanski avec « Personnes » au Grand Palais. Si la mort est évacuée de notre vie - puisqu'on n'en veut pas - les artistes, eux, l'épinglent par une vision horrible ou héroïque, magnifiée (associée au luxe) ou par une violence inouïe. Les questions de vingt siècles sont reposées de manière frontale. À l'écoute du monde et de ses secousses, comme des sismographes, les artistes traduisent par leur langage plastique d'autres questions d'actualité, jusqu'à celle de l'écologie. Ils s'expriment sur une autre mort collective, celle qui pourrait être provoquée par l'homme à nouveau, la disparition annoncée de notre propre espèce. Ils s'interrogent sur la folie de la génétique et les réflexions sur une vie éternelle. Au rez-de-chaussée du musée, juxtaposé à ces visions contemporaines, est présenté un cabinet de curiosités vitré, avec moquette rouge carmin et murs matelassés immaculés, rappellant l'écrin qui entoure un objet précieux, tel un reliquaire. Jeu entre anciens et modernes, cette salle présente des livres, des anamorphoses, des œuvres de Francesco Clemente, de Michel Journiac ou de Paul Delvaux dont son étonnant Ecce homo avec ballet de squelettes autour du Christ en croix, entouré des deux larrons déjà en pleine putréfaction. Les couleurs des murs créent une atmosphère qui induit l'animation générale par un système de code : blanc et jaune très contemporain pour le rez-de-chaussée et le deuxième étage qui présentent l'art actuel. L'art moderne est prune, tandis que le classique est présenté dans un rouge bordeaux. L'art antique romain se voit attribuer le rouge pompéien, comme il se doit. Les artistes contemporains les plus en vue ont donc sacrifié à la mode du crâne : Damien Hirst évidemment, mais aussi Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, les frères Chapman, Marina Abramovic, Cindy Sherman, Jan Fabre, Gabriel Orozco, Robert Mapplethorpe, Georg Baselitz, Gerhard Richter, A. R. Penck, Markus Lüpertz, Yan Pei Ming ou Jean-Michel Alberola. La liste est longue. Tous les médiums sont représentés : peinture, photos, vidéos, installations et bijoux. Le circuit de la visite se fait à travers tout le musée, du niveau inférieur au deuxième étage avec les contemporains et les modernes pour s'achever... au premier étage avec l'art classique. De la vigilance est nécessaire pour ne rien man¬quer. Les visiteurs doivent ressortir avec une notion d'espoir. Or, en remontant le temps, la note est plus réjouissante, puisqu'elle s'achève sur le Carpe diem romain. « Profitez de la vie, chaque jour ! » conclue Patrizia Nitti en souriant.
C'EST LA VIE ! Vanités de Pompéi à Damien Hirst.
Jusqu’au 28 juin. Musée Maillol,Paris.
Entrée : 11€. Tél. : 01 42 22 59 58.
Internet : www.museemaillol.com



